Le cinéma camerounais s’exporte à Montréal avec deux films sélectionnés au Festival international Vues d’Afrique 2026

17 mars 2026 - 21:34

Le cinéma camerounais continue de se faire une place sur la scène internationale. À l’occasion de la 42e édition du Festival international Vues d’Afrique, prévue du 3 au 11 avril 2026 à Montréal, deux productions camerounaises ont été retenues dans la sélection officielle. 

pii 1.jpg (140 KB)

C'est une présence qui témoigne de la vitalité d’un secteur en pleine évolution et de sa capacité à raconter des histoires ancrées dans la réalité tout en touchant un public au-delà des frontières.
Organisé depuis plus de quarante ans, le Festival international Vues d’Afrique s’est imposé comme un rendez-vous majeur des cinémas africains et de la diaspora en Amérique du Nord. Chaque année, il met en lumière des œuvres qui interrogent les sociétés africaines à travers des regards variés, allant de la fiction au documentaire. 

Cette plateforme offre ainsi une visibilité précieuse à des cinéastes dont les productions circulent encore difficilement à l’international.
Parmi les films sélectionnés figure « Agents un peu trop secrets », réalisé par Frank Thierry Léa Malle. Cette comédie d’action suit le parcours de Joseph, un employé d’une agence chargée de protéger les symboles de l’État, qui peine à être confirmé à son poste de directeur. Frustré, il met en place un stratagème pour piéger son supérieur, mais la situation lui échappe lorsque le document le plus important de l’institution disparaît réellement. À travers un ton humoristique et des situations volontairement excessives, le film aborde des problématiques bien connues comme les dysfonctionnements administratifs et le népotisme. Porté par des figures populaires telles que Rigobert Tamwa et Valéry Ndongo, il sera projeté les 9 et 11 avril 2026 à la Cinémathèque québécoise.

pii2.jpeg (154 KB)
Dans un registre totalement différent, « Sur les traces de Ville cruelle » propose une plongée dans l’univers de Mongo Beti. Réalisé par Sarah Dauphiné Tchouatcha et Gilbert Tamnou Koloko, le film s’appuie sur le roman « Ville cruelle », publié en 1954 sous le pseudonyme d’Eza Boto. À travers le regard de deux adolescents parcourant les environs de Mbalmayo, le documentaire reconstitue les paysages et les inspirations de l’écrivain tout en mêlant témoignages, archives et extraits littéraires. L’œuvre s’inscrit dans une démarche à la fois mémorielle et pédagogique, déjà saluée notamment lors du Festival Écrans Noirs.

La présence de ces deux films dans un festival de cette envergure confirme une dynamique encourageante pour le cinéma camerounais. Entre satire sociale et exploration du patrimoine littéraire, ils illustrent la diversité des récits portés par les créateurs locaux. Cette sélection offre surtout une opportunité de renforcer la visibilité du Cameroun sur la carte du cinéma mondial, dans un contexte où les industries culturelles africaines cherchent encore à structurer leur diffusion et à conquérir de nouveaux publics.

Martin Luther PII (Stg)

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article