Me Carole Yombi : « Le Nanbudo m’a appris la discipline de la vie »

14 mars 2026 - 13:47

Ceinture noire 5ᵉ Dan, arbitre internationale, mère de famille et cadre d’entreprise, Carole Rolande Yombi incarne l’engagement et la rigueur du Nanbudo au Cameroun. Invitée de l'émission Sportify ce 14 Mars 2026, elle est revenue sur son parcours, ses sacrifices et l’organisation des championnats du monde de Nanbudo que le pays s’apprête à accueillir en Octobre 2026.

Volum'3 Cameroun :  Bonjour Me Carole ,avant de parler de votre parcours exceptionnel,dites nous svp comment le Nanbudo est-il entré dans votre vie ?

Carole Yombi : J’ai commencé les arts martiaux à l’âge de trois ans. Mon père était passionné de budo. À l’époque, il pratiquait le Senkokai, puis le karaté et un peu de judo. Je l’accompagnais souvent aux entraînements et c’est là que la passion est née. À trois ans, j’ai reçu mon premier kimono et je suis montée sur le tatami.

Volum'3 Cameroun : Vous êtes aujourd’hui ceinture noire 5ᵉ Dan. Combien d’années de pratique cela représente-t-il ?

Carole Yombi : L’année prochaine, je célébrerai mes 40 ans de pratique du Nanbudo. J’ai commencé très jeune et je n’ai jamais quitté le tatami. Pour marquer cet anniversaire, nous préparons un grand événement avec une compétition spéciale.

Volum'3 Cameroun : Vous êtes également directrice commerciale dans une entreprise et maman de deux enfants. Comment parvenez-vous à concilier votre carrière, votre famille et votre discipline sportive ?

Carole Yombi : C’est une question d’organisation et de discipline. Il faut établir un programme et s’y tenir. Ce n’est pas facile, mais avec de la détermination et beaucoup de volonté, on peut y arriver.

Volum'3 Cameroun : Une femme qui pratique le nanbudo fait elle peur aux hommes ?

Carole Yombi : Oui, un peu. Certains disent qu’il faut faire attention parce que je fais des arts martiaux. Mais le Nanbudo n’est pas un sport de violence. C’est un art martial basé sur la défense et l’esquive. On apprend à se protéger, pas à se battre partout.

Volum'3 Cameroun : Pour ceux qui découvrent cette discipline, comment définiriez-vous le Nanbudo ?

Carole Yombi : C’est un art martial basé sur l’esquive, la respiration et l’énergie. Il permet de canaliser le corps et l’esprit. Il transmet des valeurs fortes comme la discipline, la détermination et la maîtrise de soi.

Volum'3 Cameroun : Vos enfants pratiquent-ils aussi ?

Carole Yombi : Oui. Ma fille a 15 ans et elle pratique, même si elle n’est pas toujours très assidue. Mon fils, lui, est déjà compétiteur et s’entraîne régulièrement.C'est un héritage.

Volum'3 Cameroun : Après le 5ᵉ Dan, visez-vous le 6ᵉ Dan ?

Carole Yombi : Oui Normalement, il faut environ six ans après l’obtention du 5ᵉ Dan. Mais à ce niveau, on ne se présente plus pour l’examen. Ce sont les fédérations qui proposent les candidats.

Volum'3 Cameroun : Vous êtes aussi arbitre internationale. Que représente ce rôle dans les grandes compétitions ?

Carole Yombi : L’arbitrage est essentiel. Sans arbitres, il n’y a pas de compétition. Cela demande beaucoup de travail, de formation et de suivi des athlètes pour rester constamment à niveau.

Volum'3 Cameroun : Le Cameroun s’apprête également à accueillir un événement majeur pour cette discipline.

Carole Yombi : Oui. Les championnats du monde de Nambudo se tiendront du 1er au 4 octobre 2026 au Palais polyvalent des sports de Yaoundé. Ce sera une première pour l’Afrique et environ 23 pays sont attendus.

Volum'3 Cameroun : Comment les athlètes camerounais se préparent-ils à cet événement ?

Carole Yombi : Il y a des stages chaque week-end dans plusieurs pôles au Cameroun. Les clubs travaillent ensemble et un stage national aura lieu à Foumbot pour évaluer les athlètes.Ensuite, nous organiserons des compétitions préliminaires avec des pays amis comme la France, la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou encore la République centrafricaine afin de préparer les combattants au niveau international.

Volum'3 Cameroun : Un dernier mot pour les femmes qui souhaitent se lancer dans le sport ?

Carole Yombi : Il faut oser. Le sport apporte la discipline, la confiance et la santé. On peut être femme, mère et sportive. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est possible.

À travers son parcours, Carole Rolande Yombi incarne bien plus qu’une championne d’arts martiaux. Elle symbolise la persévérance, la rigueur et la capacité de concilier plusieurs vies en une seule, celle de professionnelle, de mère et de sportive de haut niveau. À l’approche des championnats du monde de Nanbudo que le Cameroun accueillera en octobre 2026, son engagement rappelle que derrière chaque discipline sportive se cache avant tout une école de vie.

Martin Luther PII (Stg)

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