NZƎNDA : L’art camerounais en mémoire vivante, exposé à Venise.

14 mai 2026 - 15:42

À la 61e Biennale de Venise, le Cameroun ne se contente pas d’exposer des œuvres. Il raconte une histoire, interroge la mémoire et affirme sa place dans le paysage artistique mondial. Depuis le 8 mai 2026, le Pavillon Cameroun présente « NZƎNDA :  Le chemin du retour », une exposition portée par Beya Gille Gacha, au cœur de Venise.

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Installé à la Fondation Gervasuti, dans le quartier du Dorsoduro, le pavillon camerounais s’impose comme l’une des présences africaines les plus remarquées de cette édition. Performances, installations, sculptures et créations sonores s’y croisent dans une scénographie qui explore les notions d’identité, de transmission et de reconnexion aux racines africaines.

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« NZƎNDA », signifie « le chemin du retour », Beya Gille Gacha construit une œuvre collective où l’intime dialogue avec le politique. L’exposition réunit plusieurs artistes camerounais aux univers complémentaires, parmi lesquels Jail Time Records, Sylvie Njobati, Bienvenue Fotso, Zora Snake et Neals Niat.
À travers leurs œuvres, les artistes interrogent la mémoire africaine contemporaine, les héritages culturels et les récits longtemps marginalisés. Ici, l’Afrique n’apparaît plus comme une périphérie culturelle, mais comme un espace central de création et de pensée.
Parmi les œuvres les plus marquantes du pavillon figurent les sculptures monumentales de Beya Gille Gacha. Des corps grandeur nature recouverts de milliers de perles bleues, inspirés de personnes croisées au fil de ses voyages et de sa vie.

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L’artiste décrit ces créations comme une manière de redonner une dimension sacrée au corps humain.
Issue de la tradition camerounaise du perlage bamiléké, Beya Gille Gacha développe une approche presque spirituelle de la matière. Sans formation académique classique, elle revendique une pratique intuitive nourrie par le voyage, la mémoire et les traditions. Son travail mêle fibres, cire et résine minérale dans une esthétique qui oscille entre artisanat, sculpture contemporaine et rituel symbolique.

Cette édition de la 61e Biennale de Venise reste également profondément marquée par l’héritage de Koyo Kouoh. Première femme africaine désignée commissaire générale de la Biennale avant sa disparition en mai 2025, elle avait imaginé le thème général « In Minor Keys », une invitation à écouter les récits discrets du monde face aux tensions contemporaines.

Dans ce contexte, le Pavillon Cameroun apparaît comme l’une des expressions les plus cohérentes de cette vision avec un espace où l’art devient un outil de mémoire, de dialogue et de réparation symbolique.
Avec « NZƎNDA », le Cameroun affirme ainsi une ambition culturelle claire, celle de porter une parole artistique contemporaine capable de dialoguer avec le monde sans renoncer à ses racines. Jusqu’au 22 novembre 2026, le pavillon camerounais à Venise devient le reflet d’une Afrique créative, libre et pleinement consciente de sa puissance culturelle.

Martin Luther PII (Stg)

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