Le cinéma africain en deuil depuis ce 12 Mai. L’écrivain, le réalisateur et producteur camerounais Bassek Ba Kobhio est décédé. Dans son communiqué officiel rendu public ce mardi, l'association ECRANS NOIRS annoncé le décès de son délégué général survenu cette nuit à Yaoundé, des suites de maladie. Le Cinéaste quitte la scène 30 ans après le lancement de ce RDV du Cinéma Africain d’excellence.
Une vie au service du 7e ART
« Je suis arrivé au cinéma parce que je voulais parler au monde », déclarait Bassek Ba Kobhio dans un entretien sur RFI en 2022. Le parcours professionnel de l’étudiant de sociologie et philosophie débute comme stagiaire et assistant sur une série de documentaires produits par le ministère de l'Information et de la Culture du Cameroun. Il a par la suite travaillé sur Chocolat de Claire Denis (1987). En 1991, il produit son premier long métrage, Sango Malo, une adaptation de son roman du même nom. Parmi ses œuvres on peut citer Le Grand Blanc de Lambaréné (1995) ; Life Point (2017) , Les gouverneurs de la Rosée (2018) sur chacun de ces projets, le fils de Nindjè ( son village natal) a été soit producteur, soit réalisateur.
Bassek ba Kobhio a également des ouvrages : le roman Sango Malo, adapté sur grand écran, Les Eaux qui débordent (un recueil de nouvelles) ainsi que l’essai Cameroun, la fin du maquis ?
Le fondateur du Festival Ecrans Noirs, a également fondé la société de productions Les Films Terre Africaine. Dans le but de former les cinéastes de demain pour contribuer au rayonnement du 7e art, l'Institut Supérieur de formation aux métiers du Cinéma et de l'Audiovisuel de l'Afrique Centrale (ISCAC) nait en 2011.
Les hommages du continent
Dans les milieux culturels au Cameroun et à l’étranger, la nouvelle de ce départ soudain, a provoqué une onde de choc ce matin.
Pour le producteur Ebenezer Kepombia : « Le grand frère est parti, l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel africain perd l’un de ses plus grands symboles. »
Le groupe X Maleya pour sa part exprime sa gratitude à cet homme pour son apport à la culture et au cinéma : « Les grands hommes ne meurent jamais vraiment… ils vivent à travers l’héritage qu’ils laissent dans les cœurs et dans l’histoire. »
La scénariste Elisabeth Cynthia Ngono évoque une « Douleur pour la grande famille du Cinéma au Cameroun… Grosse perte pour le Cameroun tout en entier. Un géant, une icône, le phare de 3 générations, a tiré sa révérence, le Patriarche est parti… Que la terre de nos ancêtres t’accueille dans la paix Papa Bassek » .
Dans son hommage à cette icône, Mohamed Cherif, le Directeur des programmes de la RTG écrit : « À travers Festival Écrans Noirs, il a ouvert des portes, créé des opportunités et donné une voix au cinéma africain sur la scène internationale. Paix à son âme et courage à toute la famille du cinéma africain. »
Pour l’Académie des SOTIGUI : « Aujourd’hui, le cinéma africain perd bien plus qu’un réalisateur…Il perd une conscience, une voix, un bâtisseur. »
Nadine ENONGUE